Le Flambé

Habitat
Il affectionne les milieux ouverts, chauds et ensoleillés : lisières, friches, coteaux, vergers, haies, garrigues et jardins. On le trouve surtout dans les régions méridionales et tempérées chaudes, mais il remonte progressivement vers le nord avec le réchauffement climatique. Sa présence est étroitement liée à celle des arbustes de la famille des rosacées, indispensables à sa reproduction.
Comportement
C’est un voilier remarquable, reconnaissable à son vol plané ample et lent, ponctué de battements puissants. Il pratique le « hilltopping » : les mâles se rassemblent sur les points hauts (sommets de collines, arbres isolés) pour attendre et courtiser les femelles. Thermosensible, il recherche les zones abritées du vent et les coins ensoleillés pour réchauffer ses ailes. Les adultes butinent les fleurs riches en nectar, accessibles à leur longue trompe.
Rôle dans l’écosystème
À l’état adulte, il participe à la pollinisation en transportant le pollen de fleur en fleur lors de ses visites nectarifères. À tous ses stades, il constitue un maillon de la chaîne alimentaire : les chenilles et les adultes nourrissent oiseaux, chauves-souris et insectes prédateurs. Sa présence est aussi un bon bio-indicateur : un milieu qui accueille le Flambé est un milieu structuré, diversifié, où coexistent strate arbustive (pour les chenilles) et strate herbacée fleurie (pour les adultes).
Reproduction
La femelle pond ses œufs isolément sur les feuilles des plantes-hôtes. Les chenilles, vertes et trapues, se nourrissent exclusivement de feuillage de rosacées ligneuses : prunellier, aubépine, amelanchier, prunier, cerisier. Elles possèdent un organe défensif rétractable, l’osmétérium, qui dégage une odeur répulsive face aux prédateurs. Selon la région et le climat, l’espèce produit une à deux générations par an. La chrysalide de la dernière génération passe l’hiver en diapause, accrochée à une tige ou au tronc.
Statut de conservation :
À l’échelle européenne, l’espèce n’est pas globalement menacée et reste classée en « préoccupation mineure ». Toutefois, elle est protégée par la loi dans plusieurs régions de France (notamment en Île-de-France, dans le Nord–Pas-de-Calais et d’autres territoires), où ses populations ont régressé sous l’effet de la disparition des haies, de l’arrachage des vergers et de l’usage des pesticides. Localement, sa raréfaction traduit l’appauvrissement des milieux.
