Lexique vivant du Jardin-Forêt – Comprendre et appliquer les concepts clés

Le jardin-forêt, aussi appelé forêt comestible, est bien plus qu’un simple jardin : c’est un écosystème productif, durable et résilient, inspiré des forêts naturelles.
Pour bien le concevoir et l’entretenir, il est essentiel de connaître son vocabulaire spécifique.
Ce lexique vivant regroupe les termes clés du jardin-forêt, avec des définitions claires et des conseils pratiques pour les appliquer sur votre terrain.

📖 Lexique du Jardin-Forêt

Jardin-forêt / Forêt comestible

Jardin inspiré de la structure d’une forêt naturelle, dense et diversifiée, où la plupart des plantes sont utiles et comestibles : arbres fruitiers, noyers, arbustes à baies, vivaces, champignons, plantes médicinales…
Une fois mature, il demande peu d’entretien et offre un haut niveau de résilience si les strates sont bien pensées.

Succession écologique

Processus naturel par lequel un milieu évolue d’un sol nu vers un écosystème mature. En jardin-forêt, on l’imite : on commence avec des plantes pionnières qui préparent le terrain, puis on introduit progressivement les arbustes et arbres à long terme.

Multi-strate

Organisation d’un espace végétal en plusieurs couches complémentaires : grands arbres, petits arbres, arbustes, herbacées, couvre-sols, lianes, racines et champignons.
Ce système imite la forêt naturelle et maximise l’utilisation de la lumière, de l’eau et des nutriments.

Stratification

Autre terme pour désigner l’organisation en couches végétales. Chaque strate occupe un espace spécifique pour éviter la concurrence directe et optimiser la production.

Canopée

Couche la plus haute, formée par les grands arbres (châtaignier, noyer, chêne). Elle crée l’ombre structurante, régule le vent, conserve l’humidité et adoucit le microclimat.

Lisière & effet de lisière

Zone de transition entre forêt et espace ouvert. Elle crée plus de diversité, attire une grande variété d’insectes et d’oiseaux, et multiplie les microclimats.
En design nourricier, soigner les lisières booste pollinisateurs et auxiliaires.

Guilde végétale

Petit écosystème organisé autour d’un arbre ou d’une culture principale. Chaque plante y joue un rôle précis : nourrir, protéger, attirer les pollinisateurs, repousser les ravageurs… Ensemble, elles créent un système équilibré.

Plante vivace

Plante qui revient chaque année (rhubarbe, asperge, topinambour). Dans un jardin-forêt, elles stabilisent le système et réduisent le travail annuel.

Plante pionnière

Espèce « ouvreuse » qui colonise les sols pauvres, les améliore et prépare l’arrivée d’espèces plus exigeantes. Exemple : bouleau, sureau, ronce.

Plante de soutien (plante nurse)

Plante « protectrice » qui aide une autre à bien s’installer en créant de l’ombre légère, en conservant l’humidité ou en coupant le vent. Exemple : genévrier abritant de jeunes pousses.

Plante sacrificielle / Plante-piège

Plante cultivée pour attirer les ravageurs à la place de la culture principale. Exemple : capucine pour détourner les pucerons, radis pour attirer les altises.

Plante de service

Plante non récoltée pour elle-même mais qui rend un service écologique : fixer l’azote, couvrir le sol, nourrir la faune utile, améliorer la structure du sol.

Fixatrice d’azote (légumineuse)

Plante capable, grâce à une symbiose avec des bactéries, d’enrichir le sol en azote utilisable par les autres plantes. Exemple : trèfle, luzerne, goumi, caragana.

Plante mellifère

Plante produisant nectar et pollen en abondance pour nourrir abeilles et pollinisateurs. Exemple : lavande, trèfle, phacélie.

Plante accumulatrice dynamique

Plante aux racines profondes qui va chercher les minéraux du sous-sol pour les remonter à la surface. Exemple : pissenlit, ortie, consoude.

Plante repousseuse

Plante qui éloigne certains ravageurs grâce à son odeur ou à ses substances naturelles. Exemple : menthe, tanaisie.

Couvre-sol

Plantes basses qui protègent et paillent le sol vivant, limitent les adventices, conservent l’humidité et réduisent l’érosion. Exemple : fraisier, thym, origan rampant.

Paillage vivant

Couverture du sol assurée par des plantes basses vivantes toute l’année, évitant le paillage mort. Exemple : trèfle blanc, camomille naine.

Plantes à biomasse & Chop-and-drop (« couper et poser »)

Plantes qui produisent beaucoup de matière végétale. On les fauche et on les laisse sur place comme paillis nourricier. Exemple : consoude, ortie, tagète, vesce, féverole.

Engrais verts (couverts végétaux)

Cultures temporaires semées pour nourrir et protéger le sol, puis laissées en paillis ou enfouies. Exemple : vesce, seigle, phacélie, moutarde.

Robustesse

Capacité d’une plante, d’un système ou d’un jardin-forêt à rester productif et en bonne santé malgré les aléas (sécheresse, froid, ravageurs).
Elle se renforce grâce à la diversité, à la sélection variétale et à un design adapté.

Résilience

Capacité du système à encaisser sécheresse, maladies ou gel et à se rétablir grâce à la diversité des espèces et des strates.

Facteur limitant

Élément dont le manque freine la croissance ou la santé d’un écosystème (eau, lumière, nutriments, espace…).
Identifier et lever les facteurs limitants est essentiel pour améliorer la vitalité d’un jardin-forêt.

Litière forestière

Couche superficielle du sol en forêt, formée de feuilles mortes, brindilles, fleurs, fruits tombés…
C’est une zone riche en vie, où les décomposeurs transforment ces débris en matière nutritive pour les plantes.

Matière organique

Ensemble des restes végétaux ou animaux (feuilles, racines, bois, compost…) présents dans le sol.
Source de nourriture pour la vie du sol et moteur de la fertilité naturelle.

Humus

Partie la plus stable et fertile de la matière organique du sol, résultat de la décomposition complète par les micro-organismes.
L’humus retient l’eau, stocke les nutriments et donne au sol sa couleur sombre et son odeur de « sous-bois ».

Mycorhizes

Association bénéfique entre les racines et certains champignons. Les plantes fournissent des sucres, les champignons apportent eau et nutriments (phosphore, azote). Présentes chez 80 % des plantes.

Strate fongique

Champignons comestibles ou non qui vivent en symbiose avec les plantes ou décomposent la matière organique. Exemple : pleurote, shiitaké, truffe.

Allélopathie

Influence chimique qu’une plante exerce sur ses voisines, positive ou négative. Certaines plantes inhibent les adventices ou repoussent les insectes.

Polyculture

Association de plusieurs espèces sur la même surface pour favoriser la complémentarité et réduire les risques liés aux ravageurs ou maladies.

Baissière (swale)

Fossé peu profond creusé sur courbe de niveau pour capter et infiltrer l’eau de pluie.
Réduit l’érosion et recharge la nappe du sol.

BRF (Bois Raméal Fragmenté)

Jeunes rameaux broyés (feuillus) utilisés en paillage. Stimule l’activité biologique, retient l’eau et tend à recréer un sol forestier.

FAQ LEXIQUE

Ce lexique vous permet de comprendre les concepts clés du jardin-forêt et de la forêt comestible.
En les maîtrisant, vous pourrez concevoir, planter et entretenir un espace productif, durable et résilient, inspiré de la nature.

Oui. Il est idéal pour expliquer les bases du jardin-forêt à des particuliers, des collectivités, des écoles ou des associations.
Il peut servir de support lors d’ateliers ou de formations en permaculture.

Oui, les principes sont universels, mais les espèces à choisir dépendent du climat local.
Les catégories comme plante mellifère, plante accumulatrice dynamique ou plante repousseuse sont adaptables partout.

  • Visiter des jardins-forêts existants.
  • Explorer les formations et ressources de l’École Jardin Forêt.
  • Consulter des vidéos, podcasts et fiches plantes dédiés.

📌 Ce guide est évolutif : de nouvelles définitions seront ajoutées au fil des découvertes et des retours du terrain.

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